Le deuxième conseil de modernisation des politiques publiques, présidé
par Nicolas Sarkozy, a adopté le mois dernier 166 mesures destinées à
rationaliser les services de l'État et à réaliser des économies dans son
train de vie.
Certes, il ne faut pas refuser ces économies pour essayer de limiter
l'envolée sans répit des dépenses publiques françaises depuis des
décennies. Les 166 mesures sont ainsi censées générer des économies
d'environ 7 milliards d'euros à l'horizon de 2011.
Mais il s'agit de bien trop de mesures pour des économies in fine
insignifiantes face à la hauteur de la tâche consistant à diminuer la
pression des prélèvements obligatoires en France ! En effet, avec des
dépenses publiques correspondant à 54 % du PIB en 2007, soit près du
billion d'euros (mille milliards d'euros), ne rivalise-t-on pas avec la
Suède pour la triste première place de l'économie la plus
« collectivisée » de tous les pays de l'OCDE, devant même la Finlande ou
le Danemark ? La pression des prélèvements obligatoires n'a-t-elle pas
battu des records en 2006, nous plaçant là aussi dans le peloton de
tête ?
Le pire est qu'en réalité cette pression risque de ne guère changer. Car
à l'insignifiance de l'impact des mesures actuellement proposées
s'ajoute parallèlement une accélération dans la création de nouvelles
taxes sous la législature actuelle.
Plusieurs nouvelles taxes – taxe sur les poissons, les crustacés et les
mollusques, Eco-pastille, contribution sociale sur les stock-options,
etc. – ont déjà vu le jour. Plusieurs autres sont également dans les
boîtes, à l'image de celle sur les chaînes privées, les opérateurs de
télécoms et la publicité sur Internet pour financer la suppression de la
pub sur les chaînes publiques.
Il ne faut pas compter sur les mesures d'économies annoncées pour
qu'elles changent la donne et qu'on retrouve le dynamisme économique en
France !
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