À court d'argent, le gouvernement est en quête de tous les moyens
financiers qui pourraient lui permettre d'honorer ses engagements.
Dernière
trouvaille : les bénéfices de Total. Reçu hier par Christine Lagarde, le
PDG du groupe, Christophe de Margerie, a annoncé le versement de 102
millions d'euros cette année pour financer la hausse de la « prime à la
cuve de fioul ». Faut-il s'en réjouir ?
Certes, les profits du groupe pétrolier sous l'effet de l'augmentation
des prix – 12,2 milliards d'euros en 2007 – peuvent sembler colossaux.
Il ne faut cependant pas oublier qu'ils reflètent la bonne santé de
l'entreprise et nous montrent que les investissements effectués dans le
passé se sont révélés fructueux. Ces investissements permettent d'avoir
du pétrole à notre disposition aujourd'hui. Et si nous voulons en avoir
demain, il vaudrait mieux que Total soit en mesure d'investir
massivement.
Or, le groupe est déjà extrêmement imposé. En 2007, il a payé 13,6
milliards d'euros d'impôts. Une somme supérieure au budget de bien des
ministères... et aux profits de l'entreprise elle-même ! La nouvelle
« taxe Total » mise en place par le gouvernement est contreproductive.
Elle ne peut que réduire la capacité du groupe à investir aujourd'hui
pour nous fournir de l'énergie demain
Sur un marché où la capacité à investir est essentielle, la ponction
gouvernementale est bien malvenue alors que les profits fournissent au
contraire les incitations nécessaires à une augmentation de la
production aujourd'hui cruciale.
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