Les Irlandais viennent de rejeter le nouveau traité de Lisbonne
mettant une pause aux efforts de réformer la construction européenne. Ce
vote ne freinera cependant pas Bruxelles dans son élan à réglementer
davantage le marché en Europe et à faire passer « en douce » ses
« remèdes », sans référendum et sans véritable débat public !
Prenez le cas par exemple de la « séparation fonctionnelle » du nouveau
« paquet télécoms » qui sera prochainement mis au vote des députés
européens ! Savez-vous que les instances communautaires risquent par
cette mesure de compromettre le déploiement de la fibre optique et notre
accès à l’Internet très haut débit ?
Cette mesure consiste à séparer artificiellement les anciens monopoles
en deux entités distinctes, l'une étant responsable de gérer les
infrastructures de réseau pour tous les opérateurs télécoms, et l'autre
d'offrir les services de détail aux consommateurs finaux que nous
sommes. Mais attention ! Dans une telle structure, on peut se demander
qui aura intérêt à financer et à déployer de nouvelles infrastructures
coûteuses. Le déploiement, s’il a lieu, ne peut alors résulter que d’un
processus administratif où les régulateurs nationaux et européens auront
un rôle permanent à jouer !
Ironie de la chose, loin de favoriser la concurrence, une telle
désintégration forcée des opérateurs existants va au contraire créer de
toute pièce un nouveau monopole, celui de l’entité désignée pour la
gestion des infrastructures. Celle-ci n’aura que peu d’incitations
économiques à investir dans la fibre optique. Le Royaume-Uni, où une
telle « séparation » a déjà été imposée, accuse
un retard dans le fibrage des foyers par rapport à des pays comme
les États-Unis, l'Allemagne ou la France, entre autres.
Si les eurodéputés veulent réellement contribuer au dynamisme de
l'industrie européenne des télécommunications, ils devraient calmer les
ambitions réglementaires de la Commission en rejetant la séparation
fonctionnelle !
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