Lundi
30 juin 2008, la société américaine d'enchères en ligne eBay a été
condamnée par deux fois par le tribunal de commerce de Paris. Accusée de
contrefaçon dans le premier cas (voir aussi jugement du 4 juin contre
Hermès) et d'atteinte portée aux réseaux de distribution sélective de
LVMH, elle devra verser à cette dernière environ 38 millions d'euros de
dommages et intérêts.
EBay, plébiscité par les consommateurs français (10 millions
d'utilisateurs) comme tout nouvel arrivant sur un marché, vient remettre
en question des chasses bien gardées. Cette fois-ci, il s'agit d'un des
fleurons de l'industrie française : le luxe.
Qui n'a pas rêvé devant les boutiques d'Hermès de Guerlain où se
côtoient des vitrines plus soignées les unes que les autres ? Ce soin
apporté à la présentation des produits n'est pas un hasard mais bel et
bien une des spécificités des marques de luxe : confier la vente à des
vendeurs agréés par la marque, c'est-à-dire jugés capables de bien
mettre en valeur les produits.
Ce modèle leur réussit bien puisque les ventes de LVMH ont augmenté de
13 % en 2007 et son résultat de 12 %. Il ne leur donne cependant pas
tous les droits. En effet, on peut se demander aujourd'hui si les procès
intentés contre eBay ne sont pas des moyens archaïques pour conserver un
modèle qu'ils sentent menacés par des nouveaux arrivants aux modèles de
vente révolutionnaire.
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